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Équipée en 1976 du V6 PRV, l’Alpine A310 commence à marquer le pas en terme de performances par rapport aux Porsche 944 et 911 aux débuts des années 80. C’est alors que le Groupe Renault décide de lancer l’étude de la GTA; le sigle de Grand Tourisme Alpine.  Pour lancer ce nouveau modèle, Alpine dispose d’un budget serré. Afin de réduire les coûts, Renault fournira une grande partie de la banque d’organes. Les fondamentaux structurels d’Alpine seront conservés. Le principe ? Une structure monocoque en polyester stratifié scellée à un chassis poutre qui lui est en acier. Sur le plan technique le châssis est revu à la hausse. L’un des objectifs prioritaires des techniciens est de réduire voire (presque) supprimer l’effet tout-à-l’arrière qui influence fortement le comportement routier. Force est de reconnaître que le travail réalisé a atteint cet objectif dans la version atmo. Ce nouveau châssis allongé offre à l’Alpine un empattement, et des voies augmentées. Le train avant emprunte les suspensions de la R25 avec des bras supérieurs et triangles inférieurs en tôles embouties. Le train arrière dérive étroitement de l’A310 V6, qui lui aussi provenait déjà de la R5 Turbo 2. C’est toujours l’Alpine A310 V6 qui va fournir Quatre disques ventilés identiques sur les quatre roues empruntés aussi à son aînée. Plus exotique, la direction à crémaillère est issue de la Fuego. La GTA sera dessinée par Heuliez et modifiée par l’équipe du BEREX (Centre d’étude Alpine).  Ils ont tout misé sur une aérodynamique poussée et sur une véritable chasse aux kilos (1140 Kg).  Les essais en souffleries et premières simulations par ordinateur mèneront à des choix radicaux:

Une ligne acéré, un pare-brise incliné à 67°. Les résultats seront exceptionnels pour l’époque: un Cx de 0,28 et un Scx de 0,48. Une record mondial !

Ainsi, l’Alpine V6 GT est présentée au salon de Genève en mars 1985. Petit changement par rapport à l’A310, la carrosserie en polyester de la GTA n’est plus moulée en un seul élément, mais en plusieurs morceaux assemblés par collage. Faisant suite à la présentation, le service presse invita de nombreux clients Alpine à l’essai de la nouvelle GTA sur le circuit privé Pioneer près de Paris. Seule la version V6 GT (atmosphérique) était présente. Quid des performances ? 

235 km/h en vitesse de pointe un 0 à 100 km/h en 8,5 secondes un kilomètre DA en 28,5 secondes

L’Alpine GTA V6 GT offrait alors des performances honnêtes pour seulement 175000 francs (26700€). Pas si mal en 1985, surtout face sa rivale germanique, la Porsche 944 qui est moins performante et pur un prix supérieur. Côtés habitabilité, c’est un record pour la catégorie. La position de conduite ? Confortable, tout tombe sous la main… Presque un sans fautes si l’on oublie la qualité de finition calamiteuse et indigne de son rang.  Le design du tableau de bord est né du coups de crayon de Marcello Gandini (Ou Piero Stroppa selon certains) qui déjà à l’époque ne faisait pas l’unanimité. La sellerie ? Celle dite « Drap Cendre » était fragile, rugueuse et inesthétique. La plupart des clients ont pris les options supérieures « Velours » ou « Cuir ». Ne tournons pas autour du pot, côté mécanique, le moteur n’est pas une franche réussite (dixit les journalistes de l’époque). Diverses modifications furent apportées pour le rendre plus performant. Il gagnera en disponibilité et en souplesse pour un usage polyvalent.

160 ch à 5750 tr/mn contre 150 ch à 6000 tr/mn pour l’Alpine A310 V6

Le V6 PRV de 2,7 litres, installé précédemment dans l’A310 passera à 2849 cm3 avec un gros carburateur Solex simple corps. A l’air de l’injection électronique et surtout pour une GT cela fait tâche d’huile.

Un couple moteur de 23 mkg disponible dès 3500 tr/mn 

Equipée d’une boîte à 5 rapports, dérivée de son aînée est monté avec un embrayage renforcé. Les efforts pour contrecarrer le comportement tout à l’arrière porte ses fruits. La GTA V6 GT est nettement moins piègeuse que l’A310. Dépasser les 200 km/h à son volant n’inquiètera plus son pilote. Avec les pneus d’origine, la tenue de cap est plus aléatoire. Heureusement il était possible d’installer les jantes de la Turbo qui apportait une meilleur stabilité. Moins sportive qu’une A310, mais sa philosophie est plus GT. Une GT qui mérite que l’on s’y intéresse de part ses performances, ses lignes, son côté « Youngtimers » et futur collector. Vous trouvez que cette GTA manque de piment ? La version Turbo en 1986 corrigera de nombreux défauts.

Chiffres de production

1984 : 191 exemplaires 1985 : 639 exemplaires 1986 : 264 exemplaires 1987 : 139 exemplaires 1988 : 164 exemplaires 1989 : 81 exemplaires 1990 : 31 exemplaires TOTAL : 1509 exemplaires