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Le 26 Octobre 2017, Alpine annonçait fièrement lors d’une présentation au Studio à Boulogne Billancourt l’arrivée de l’A110 Cup ainsi que son championnat Européen pour 2018. Une excellente nouvelle qui laissait planer le doute sur son engagement en endurance pour la saison prochaine.

Endurance-Info.com a publié une interview exclusive de Bernard Ollivier, actuel Directeur Général Adjoint d’Alpine, qui porte depuis le début la participation de Signatech-Alpine en WEC. Or, en cette fin d’année, le rythme pour l’écurie risque d’être très soutenu si son engagement au championnat du monde d’endurance totalement remanié pour pour 2018 – 2019.

Première certitude pour Alpine, c’est l’arrivée de cette formule monotype avec l’A110 Cup qui apparemment a emballé bon nombres d’acteurs du sport auto:

« L’intérêt pour le produit est bien là. Nous avons noué beaucoup de contacts qu’il faut maintenant concrétiser. On a des demandes de manifestation d’intention et nous n’assisterons pas au premier arrivé, premier servi. Un comité de sélection vérifiera différents critères des équipes allant du sérieux financier à la partie technique. Alpine tient à avoir une moitié de teams étrangers au sein du championnat. Les équipes devront ensuite s’inscrire à la Cup. »

Bernard Ollivier ne ferme pas la porte à l’émancipation de la CUP vers d’autres championnats qui lui permettrait de se frotter aux autres marques:

« L’auto a le potentiel pour rouler ailleurs. Ce sera une décision à prendre avec les différents organisateurs. Cette auto est faite pour la Cup. »

Il y a quelques semaines, nous vous avions dévoilé les premiers essais de l’A110 Cup sur différents circuits Européens. A ce jour, l’écurie a une meilleure vision du potentiel de l’auto et Bernard Ollivier ne boude pas son plaisir:

« Environ 2000 km avec Nelson et Nico . Lionel Chevalier et son équipe ont déjà un bon retour. Elle est même déjà plus performante qu’on aurait pu le penser. On se doit d’y aller étape par étape. Les premiers essais sont encourageants. »

Le fait qu’Alpine propose un championnat monotype a fait quelque peu réagir certains de nos lecteurs… Ressenti comme une peur d’affronter la concurrence, un repli sur eux mêmes en imposant un championnat mono-modèle. Il est important de rappeler que ce type d’aventure a déjà existé avec l’Europa Cup. Un succès peut-être d’estime mais qui a permis de crédibiliser la GTA en compétition alors que jusque-là elle n’avait jamais prouvé ces qualités en dehors du modèle de série.

Alpine a conscience qu’un championnat comme celui-ci a besoin de faire parler de lui, ainsi ils ont choisi de le partager avec les meetings FFSA GT, International GT Open et ELMS.

« Le premier sujet est de trouver des places au sein des meetings déjà existants. On souhaite que l’Alpine Cup ait un vrai statut. Nous n’avons pas encore annoncé quel circuit nous accueillera en Allemagne entre Nürburgring et Hockenheim. »

Depuis de nombreux mois, nous avions eu vent d’une version GT4 de l’A110, or le soufflet était vite retombé avec l’arrivée de l’A110 Cup. Car comme vous le savez, il y a un monde entre les spécifications annoncées sur la CUP et sur une voiture de série adaptée à la catégorie GT4. La bonne nouvelle est que Bernard Ollivier n’infirme pas un futur engagement en GT4 ou la version CUP est un première base de travail.

« On y pense forcément, mais comme je l’ai dit précédemment, il faut y aller étape par étape. La base de l’auto est bonne pour une GT4. Elle a des éléments qui permettent de partir du bon pied. On assume clairement le choix de privilégier l’Alpine Cup en 2018. »

Commencer avec une A110 CUP peut s’avérer pertinent, car il faut clairement avouer qu’Alpine a décidé très tardivement de transformer la nouvelle berlinette en version de compétition et de lancer ce championnat. L’idée étant de poser les premiers jalons avec cette première version pour ensuite envisager de passer au stade au-dessus et se confronter à la féroce concurrence. Une certaine Porsche Cayman GT4 (entre autre) est déjà en place, un beau challenge qui nécessite une bonne préparation pour ne pas se ridiculiser…

« Il faut un règlement rigoureux et assurer l’équité sportive. Nous avons reculé le début du championnat pour que chaque équipe et chaque pilote aient le temps de bien se familiariser avec la voiture. »

Nous nous rendons bien compte que la CUP devient le nouveau fer de lance pour la marque Alpine. Jouer sur les deux tableaux (avec le WEC) peut s’avérer complexe au sein de Signatech, mais Bernard Ollivier reste confiant et le remaniement du WEC va dans le bon sens pour Alpine:

« Tout n’est pas encore finalisé mais l’envie de poursuivre est bien là. Il faut régler un engagement sur un an et demi, ce qui n’est pas une mince affaire. C’est un vrai sujet pour les équipes et les pilotes. On s’oriente vers un engagement autour du WEC. Le point clé est comme toujours Le Mans. L’avantage pour l’année 2018 est qu’il y a plus de tracés européens et que le Japon a un sens pour Alpine. »

Pour l’année prochaine, un autre sujet que nous avions déjà abordé risque de refaire surface. En LMP2, officiellement aucun constructeur ne peut s’engager. Alpine agissant en simple sponsor avec Signatech a réussi son coups. L’autre réussite fut de renommer l’Oreca 07 en Alpine A470, une petite dérogation qui a toute son importance pour la marque. Pour la nouvelle saison 2018, l’écurie travaille dur pour assurer la promotion d’Alpine en endurance:

« C’est impératif pour que le programme puisse se continuer. S’il y a le moindre aléa, l’équation change. Alpine est un constructeur qui a un chiffre d’affaires égal à zéro. Depuis 2013, la course automobile a été positive pour la marque. Les résultats sont arrivés très tôt. Notre objectif était de faire de la notoriété et les espérances ont été dépassées. Maintenant, nous sommes sur un sujet de support à la vente des autos. La stratégie change. Il faut voir ce qu’on veut donner à la course et quels moyens on y met. Nous avons milité pour du P2+ et pas du P1, mais cette voie n’a pas été retenue. »

Au sein de la rédaction, nous sommes convaincus que la CUP et le WEC doivent être assurés simultanément. Alpine a forgé sa réputation en compétition, seule cette voie permettra de (re)crédibiliser la marque face à ses concurrents. Du côté du GT4, Alpine ne doit surtout pas se précipiter vers cette catégorie. L’Alpine A110 Cup vient à peine de débuter son cycle de développement, le potentiel est là mais il reste encore beaucoup de travail d’optimisations du fait de sa jeunesse.

Le GT4 serait le but ultime, mais la patience est la mère de toutes les vertus…

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