Alpine est actuellement en pleine renaissance, la nouvelle Alpine A110, va d’ici quelques mois poser ses pneus dans les showrooms de la marque. Pour nous c’est l’occasion de revenir en arrière sur un petit modèle qu’on aurait vu s’attaquer à la Porsche Cayman: la Alpine A710.

On vous en avait déjà parlé par le passé (sa présentation est ici), l’Alpine A710 alias le projet W71, va voir le jour à la fin des années 80, Renault souhaitant qu’Alpine se diversifie et élargie sa gamme. 10 ans avant Porsche et son duo Boxter/Cayman, Alpine voulait proposer un petit véhicule léger et capable d’être aussi sportif qu’abordable et dans la lignée des berlinettes.

Renault se rend compte que la GTA lancé quelques années auparavant est chère et plutôt réservé à une élite, la marque réfléchit à une routière haut-de-gamme sportive: l’A610, ainsi qu’un projet d’entrée-de-gamme. Le projets débute en 1989 et est confié au bureau d’étude Berex.

Alors que l’A610 est déjà bien avancé dans son développement, le Berex, réfléchit à un second modèle, le W71, qui sera le modèle entrée de gamme de la marque dieppoise. Au Berex on s’est sûrement dit pourquoi ne pas s’attaquer à Porsche et donné la réplique à la 944 puis la 968. Les ingénieurs imaginèrent un retour aux sources pour Alpine avec un projet de petit coupé sportif léger fait de matériau composite (limitant de base le poids à 900kg) le tout avec un moteur en position centrale arrière.

De plus, la réutilisation d’organes de série, le train avant de type MacPherson est dérivé de la R19 16 soupapes, un investissement limité permettrait de la proposer à la vente à un prix tout à fait correct pour une Alpine : 150 000 FF (équivalent à 35 000 € en 2017).
Même si l’auteur du dessin de la W71 est aujourd’hui difficile à identifier, il y a de fortes chances que Guy Greffier ou Yves Legal aient été à la barre, s’inspirant volontairement du concept Renault Laguna présenté en 1990 et dessiné par Jean-Pierre Ploué.

En 1991, 2 voire 3 prototypes fonctionnels sont construits au Berex avec deux propositions de style pour la face avant et trois pour l’arrière.
Pour qu’il reste léger et économiquement viable, ce projet d’Alpine se contentait du minimum syndical en terme d’équipements et de confort. Et probablement suite à un essai clinique, la surenchère d’équipements à commencer à pointer son nez, impactant inévitablement le poids, les performances et le prix de vente final.
Le projet perdant de son intérêt, Louis Schweitzer décide alors d’y mettre un terme, surtout qu’on ne pense plus qu’à une chose : développer la marque Renault Sport. Ce qui sera concrétisé quelques mois plus tard avec un projet très proche, le W94, dernière ce nom de code: la Renault Spider. Pour la petite précision, sachez que le projet W71 et la W94, les deux projets sont très proches mais ne partage aucunes pièces ensembles.

Aujourd’hui, le prototypes Alpine W71 n’a pas totalement disparu, ils se reposent dans les hangars de Renault Flins, parmi la collection Renault, il profite d’une bonne retraite sous le nom de Berlinette 2.

Sources:
Renault Concept
Car Design Archives

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