Très controversée, l’Alpine GTA doit être remplacée au début des années 90. Alpine‬ planche sur son renouvellement, l’A610 est sur les rails.

La priorité étant de conserver les qualités et surtout éliminer les défauts (finition, V6 antique, etc…). Alain Serpaggi, un nom bien connu des amateurs d’Alpine, est chargé développement de la GT. L’Alpine A610 sera présentée en mars 1991. Plus cossue, plus puissante, elle est censée corriger les erreurs du passé.

Le look agressif des dernières GTA Le Mans est abandonné. On revient à un style plus classique reprenant notamment les vitrages et la partie arrière des GTA avec l’ajout d’un aileron plus affirmé. La partie avant adopte un pare-chocs enveloppant et des phares escamotables hérités des quelques exemplaires de GTA version US.

Proposée à 395 000 francs, soit plus de 60 000€, l’A610 aspire au premium et les performances de son nouveau V6 Turbocompressé lui permet enfin de répliquer face aux sportives germaniques.

Les designers et ingénieurs du Berex (Centre d’Etude) vont conservant l’essentiel de la base des GTA mais avec une allure plus cossue, plus Grand Tourisme. Le Cx de 0,30 reste dans la droite lignée de la GTA qui rappelons le à l’époque était un record. La proue restera très proche de la GTA, plutôt positif vu que cette partie était réussi. Seule la grille entre les feux a été redessiné et de nouvelles jantes de 16 pouces façon « turbine » sont à noter. Au niveau du freinage, l’Alpine A610 utilise quatre disques ventilés et un ABS fournit par Bosch à 5 capteurs de série.

L’intérieur se veut plus qualitatif et plus en rapport avec son standing visé. Une moquette épaisse reçoit des Renault sièges sport revêtus de velours en série ou de cuir en option. L’isolation a fait l’objet de toute les attentions sur cette A610. Malheureusement, en y regardant de plus près, la finition n’est toujours pas en rapport avec ses concurrentes directes (Porsche).

L’équipement de série est plûtot complet: direction assistée, vitres électriques, ABS, etc… Seule la sellerie cuir et le lecteur CD Pioneer seront proposés en option.

Sous le capot (arrière), le V6 PRV évolue sur différents points: augmentation de la cylindrée (3.0l), suralimenté par un turbo au temps de réponse minimisé et un calculateur spécifique. Il ne prétend pas à la noblesse duflat six germanique mais celui-ci est loin de démériter. Ses 250 chevaux disponibles à 5 750 tr/mn tiennent la comparaison en terme de performances.

Auto-Moto encense la Dieppoise: « Cette Alpine n’a plus rien à envier aux Porsche, ni même aux Ferrari ». Le premier kilomètre est abattu en 25 secondes et la vitesse de pointe frôle les 270 km/h, selon les mesure de L’Action Auto. Un couple respectable de 35,7 mkg dès 2 900 tr/mn qui sera jugé « phénoménal » par Auto Moto. En conséquence, la boîte de vitesses de l’Alpine A610 à 5 rapports été renforcée et le pignon de marche arrière bénéficie d’une synchro.

Rappelons-nous que la GTA V6 Turbo développait 50 chevaux et 5,7 mkg de couple en moins.

L’A610 justifie « difficilement » ses 200 Kg (1420 Kg) supplémentaire afin de renforcer et rigidifier considérablement la structure avant. La répartition des masses qui a été revue pour passer à 43/57 contre 38/62 pour les GTA. Le but étant de gommer l’effet de flottement du train avant à haute vitesse.

Le 0 à 100 Km/h  est « plié » en 5,7 sec et le 1 000 m D.A en 24,9 sec; des performances clairement d’actualité ! Avec ses performances, elle se frotte directement aux ténors de la catégorie: Porsche 911 Carrera 2, Ferrari 348 TB et autres Lotus Esprit. La presse reconnaît les qualités intrinsèque de l’Alpine, mais l’image de marque de l’A610 fait défaut. Son absence en compétition ne va pas l’aider à fédérer son statut de sportive ultra-performante.

Alpine essaye de dynamiser la gamme en commercialisant la série spéciale « Olympique 92 » (nous y reviendrons), sans succès. Le 3 juin 1992, Alpine réitère une seconde série spéciale nommée « Magny-Cours » elle sera limitée à 30 exemplaires (nous y reviendrons également). 1993 sera la dernière année d’évolution de l’A610.

De nouvelles jantes alu 16″ à 5 branches seront reprises par le Spider Renault Sport.

Une ultime Alpine A610 fût étudiée, la version « Evolution » de 280 ch réalisée en 1993 qui ne parviendra pas à relancer sa carrière.

En avril 1995, la dernière Alpine A610, de couleur rouge écarlate nacré vernis (776) sort des lignes de production de l’usine de Dieppe. Malgré ses nombreuses qualités, l’A610 ne se vendra qu’à 818 exemplaires sur une brève période entre 1991 et 1995. A titre de comparaison, la GTA sera produite à 6 494 exemplaires tous modèles confondus entre 1984 et 1991.

Autant vous dire que l’Alpine A610 est un véritable modèle collector.

Une vidéo commerciale de l’époque:

Une Alpine A610 « EVO » sur circuit:

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