Alpine A210 – Chantilly Arts et Elégance 2017

Alpine débute son épopée au Mans en 1952 par une 4 CV conduite par Jean Rédélé lui-même. Faute de performance sur la classic mancelle, M. Rédélé va mettre au point en 1963, avec ses équipes, un prototype conçu spécialement pour les courses d’endurance : la M63. Au fil des années, les évolutions prennent place, la M63 est remplacée par la M64 puis par la M65 qui reçoit un aéro approfondi, signé par I’aérodynamicien Marcel Hubert, pour augmenter la stabilité à haute vitesse. En 1966, la voiture devient officiellement l’A210. Seulement 7 unités sortiront des usines Alpine (châssis 1720 au 1726). Nous avons eu la chance de rencontrer plusieurs fois cette A210 (châssis 1720). La première fois était à la maison de vente Artcurial pour leur vente aux enchères sur les Champs Elysées ou elle a été achetée par un collectionneur allemand (actuel propriétaire). Nous l’avons aperçue lors du Mans Classic et bien évidemment ce weekend sur la pelouse du château de Chantilly pour le 4ème Chantilly Arts et Elégance Richard Mille.

Ce châssis 1720 a participé aux 24H du Mans 1966 et 1967. Pour sa première participation, elle fera sensation en franchissant les 200 km/h de moyenne seulement équipée d’un moteur 1300 cm3. Une prouesse pour une voiture française à l’époque. Elles seront six A210 au départ (cinq moteurs 1300 cm3 à boite Porsche et un moteur 1005 cm3 à boite Renault). Une seule ne franchira pas la ligne d’arrivée, les autres finiront 9, 11, 12 et 13ème. 1967 verra sept Alpine au départ. La meilleure performance sera signée Grandsire-Rosinski à la 9ème place au volant d’une A210 1300 cm3. Malgré des performances remarquables, les Alpine seront largement devancées par les Porsche, Ferrari P4 ou encore Ford MK4.

Cette Alpine A210 (châssis 1720), conduite par De Cortanze-Hanrioud n’aura pas eu le privilège de terminer la classique mancelle, elle abandonnera en 1966 à la 18ème heure de course. Le duo Vidal-Cella ne fera pas mieux en 1967 avec un abandon à la 7ème heure de course. Cette voiture a reçu des modifications mécaniques faisant évoluer la cylindrée de 1300 à 1500 cm3.

En 1968, Alpine a travaillé dur sur l’A210 pour l’endurance, qui s’est vue réellement améliorée par un nouveau moteur : le « V8 Gordini », l’A210 devient l’A220. En parallèle de ce projet, Alpine et l’ACO lancent la construction de « mini Alpine ». Nous avons rencontré l’une d’entre-elles. Il s’agit d’une A220 appartenant à un passionné de mini voitures motorisées ou à pédales, Jean-Pascal. Au détour de deux photos, il nous raconte l’histoire folle de son bolide. La construction devait absolument répondre à un cahier des charges à savoir : un maximum de pièces doivent provenir des stocks de pièces détachés de chez Renault. Nous retrouvons donc une crémaillère de R16, un triangle de suspension de R8 ou encore un démarreur de R4. Les roues coulées en alpax sont spécialement conçues pour cette mini auto. Elle est équipée d’un moteur JLO de 75 cm3 et peut atteindre 50km/h. Elle possède un pédalier réglable permettant même à des adultes de pouvoir la piloter. Produite en 58 exemplaires, Jean-Pascal ne recense plus qu’une dizaine de ces mini Alpine. D’un bleu France, cette mini Alpine est entièrement d’origine et est même éligible au désormais au célèbre Little Big Le Mans.

Pour finir, cette A210 est en parfait état de marche et nous la retrouverons pour sûr au Mans Classic l’année prochaine !